Zéro déchet et santé environnementale – Dans la cuisine : les bons gestes à adopter !

Vous avez été nombreux, plus de 50, à être venus écouter Etik&Act à Louveciennes le 16 février lors de la conférence Zéro Déchet et Santé Environnementale dans la cuisine. D’autres ateliers vont suivre, consacrés aux autres pièces de la maison. D’ici là, voici ce qu’il faut retenir de ce premier épisode.

 

Que faire de ces déchets qui nous envahissent, et aux conséquences dramatiques pour la nature et notre santé ? Etik & Act a enclenché, en partenariat avec la médiathèque de Louveciennes, un cycle consacré au zéro déchet et à la santé environnementale. Chaque pièce de la maison est passée au peigne fin de nos analyses, alternatives concrètes à l’appui. 

Quels sont les dangers sanitaires et environnementaux du plastique ? Comment freiner ce raz-de-marée ? Comment se défaire de notre addiction collective au plastique ? Quelle marge de manœuvre pour tendre vers le zéro plastique chez soi ? Par quoi remplacer ces matières envahissantes et toxiques ? Voici une synthèse de cette première conférence.

 

Pollution et contamination : risques pour votre santé et celle de vos enfants

 

Dans l’environnement, les macroplastiques se retrouvent partout. Ce qu’on voit moins, ce sont les dégradations de ces macro plastiques en microparticules de plastique, car ils sont souvent invisibles à l’œil nu. C’est bien le principe de Lavoisier, « rien ne se perd tout se transforme », les plastiques ne disparaissent jamais !  In fine, ces microplastiques peuvent se retrouver dans les aliments, puisqu’ils s’immiscent partout ! De même quand ils sont enfouis, ils contaminent la terre, et incinérés, ils libèrent des polluants atmosphériques.

Le plastique est, ainsi, autour de nous, silencieux, dans nos maisons, nos murs, nos tuyaux de plomberie, nos bouteilles et nos canettes, nos tapis, nos implants dentaires, nos lentilles, nos téléphones, nos voitures, notre tapis de jardin et bien plus encore. Mis à part l’impact dévastateur sur la santé de notre planète, l’impact du plastique sur la santé humaine est insidieux. Depuis des décennies, nous constatons l’augmentation des taux de cancer, la chute des taux de fécondité chez les hommes, la précocité de la puberté chez les jeunes filles, l’hyperactivité des jeunes garçons et l’augmentation des maladies chroniques. Toutes ces constatations sont le résultat de différents facteurs, mais chacune correspond indéniablement à un des effets de la toxicité du plastique.

Les perturbateurs endocriniens représentent le principal risque avéré du plastique sur la santé humaine.

 

Les perturbateurs endocriniens imitent les actions de l’hormone œstrogène. Ils perturbent l’équilibre hormonal, peuvent stimuler la croissance de tumeurs et peuvent affecter la fertilité, la grossesse, …Pas très sympathique tout cel…

Les EFFETS des perturbateurs endocriniens sont non proportionnels à la dose. La compréhension de leur mode d’action complexe marque un changement de paradigme toxicologique. Les effets sont liés même à des doses infinitésimales.

 

Plastica : Terra incognita

 

Notre corps peut-il ingérer sans risque du plastique ? Il n’existe pas de réponse formelle car cela dépend de chaque type de polymères et s’il est absorbé ou non, entre autres…

Le plastique est un polymère (molécule de grosse taille) avec des propriétés flexibles et rigides, susceptible d’être moulé, façonné ; sur un plan purement utilitaire, c’est très pratique, il existe plusieurs types de matières plastiques

Personne ne sait vraiment ce qui compose ces plastiques, impossible de trouver plus d’informations dans les documentations des industriels qui ne le savent pas précisément eux-mêmes.

L’identification des plastiques est très compliquée. D’après une estimation, entre 4 000 et 8 000 produits de synthèse interviennent dans la synthèse de ces plastiques.

C’est une véritable soupe chimique dont personne ne connaît réellement la composition mais ce n’est pas anodin, puisque cette matière plastique se fragmente, se dégrade et migre….(Jérôme Santolini)

-> Les aliments risquent d’être contaminés par des molécules potentiellement toxiques.

Une des problématiques sanitaires porte sur la menace de la migration des composants du plastique du contenant vers le contenu. Les aliments risquent d’être contaminés par des molécules potentiellement toxiques.  De la même manière, quand on boit de l’eau en bouteille plastique on risque d’ingérer les microparticules de plastique, d’autant plus si la bouteille est réutilisée ou si elle a été exposée à la chaleur, des études l’ont montré.

 

 

Quelle toxicité pour les contenants en plastique ?

 

Ils sont composés de différents types de polymères : le pictogramme sous forme de triangle (correspondant à l’icône du recyclage) avec un chiffre à l’intérieur, correspond aux divers types de produits chimiques utilisés pour produire le plastique et est situé sous le contenant. Il existe sept numéros sur ce pictogramme (des catégories) qui ne présentent pas forcément le même niveau de toxicité.

différents types de plastique
Les 7 différents types de plastique

1- PET ou PETE

Le plastique le plus courant dans le monde pour les bouteilles d’eau ou autres qui contient du plyéthylène téréphtalate, produit chimique susceptible de relâcher du trioxyde d’antimoine, poison cousin de l’arsenic, qui passe dans l’eau minérale dans 40 % des cas, d’après une étude qui a montré que, comparée à l’eau de robinet, l’eau embouteillée (analysée à partir de 48 sources européennes dont 9 eaux minérales françaises) contient de 95 à 165 fois plus d’antimoine. La durée de conservation dans un contenant en P.E.T, ainsi que la chaleur, accroissent la teneur en antimoine de l’eau.

Si vous êtes exposé quotidiennement à ce produit, vous pouvez contracter une irritation des voies respiratoires ou de la peau. Chez la femme, il peut engendrer une augmentation des problèmes de menstruations et de fausses couches.
http://www.lasantedanslassiette.com/dans-l-assiette/cuisine-saine/plastiques-alimentaires.html

2  PEHD

Polyéthylène haute densité. Cela signifie que ce plastique a la plus faible concentration en produits chimiques à diffuser dans l’eau. Le HDPE est couramment utilisé dans les bouteilles de lait et de jus, les bouteilles de détergents, les bouteilles de shampooing, les sacs d’épicerie et les boîtes de céréales, Il semblerait que des produits chimiques œstrogèniques sont libérés et sont dangereux pour les fœtus et les jeunes enfants en particulier.

3- PVC (parfois 3V)

Le PVC, ou polychlorure de vinyle. La fabrication de ce plastique nécessite des phtalates, dont du DEHA (2-éthylhexyle) et parfois du bisphénol A (BPA). Toutes ces substances sont hautement toxiques. La combustion libère des dioxines qui sont cancérigènes. Le PVC est probablement le plus grand responsable de la présence de COV (composés organiques volatils).

Le PVC peut être flexible ou rigide, et il est utilisé pour les tuyaux de plomberie, les emballages alimentaires clairs, les jouets pour enfants, les nappes, le revêtement de sol en vinyle, les tapis de jeu,  les jouets, les déodorants et les shampoings, les rideaux de douche, les imperméables,.…Le PVC peut contenir encore un phtalate appelé DEHP, qui peut agir sur la virilité des hommes (les produits contenant du DEHP ont été interdits en France depuis 2015). Dans certains produits, le DEHP a été remplacé par un autre produit chimique appelé DiNP, qui a également démontré ses propriétés de perturbation hormonale.

4 – LDPE

On l’utilise le plus souvent pour la fabrication de sacs plastiques au lieu des bouteilles d’eau. mais comme chez la plupart des plastiques, il peut libérer des produits chimiques œstrogènes.

5 – PP

Un des plastiques le moins dangereux, généralement blanc ou transparent. Il est le plus souvent utilisé pour l’automobile comme par exemple pour le pare-choc ou encore le réservoir d’essence ou encore le tableau de bord, il est néanmoins aussi utilisé pour les emballages alimentaires, les bouteilles de sirop et les pots de yaourt…

6 – PS

Ce plastique correspond au polystyrène, émet du styrène cancérogène, toxique pour le cerveau et le système nerveux. Habituellement, ce plastique est utilisé pour les tasses à café ou les emballages de restauration rapide. Il ne faut surtout pas s’en servir pour réchauffer des aliments ou conserver des boissons chaudes car des substances dangereuses s’en dégagent. Il est le plus souvent retrouvé en forme de cristal comme par exemple dans la barquette alimentaire, il est aussi utilisé comme emballage d’objets électroniques.

7 – PC (ou pas d’étiquetage)

C’est le pire type de plastique utilisé pour les emballages de produits alimentaires, car il émet du Bisphenol A. Malheureusement, il est utilisé pour les biberons, bouteilles pour boissons pour les sportifs, bonbonnes d’eau réutilisables, les récipients de conservation, revêtement intérieur des canettes et des boîtes de conserves. Si le Bisphenol A est substitué par d’autres bisphenols S ou F, ils sont tout aussi toxiques.

 

Les bons gestes à adopter pour limiter les migrations toxiques dans vos aliments, l’idéal restant de bannir les plastiques alimentaires de votre cuisine

 

  • Pour conserver et réchauffer les aliments, privilégiez des matériaux inertes comme le verre, l’inox et la porcelaine. Ne réchauffez aucun plastique au four à micro-ondes, même si l’étiquette indique le contraire. La combinaison du micro-onde et du plastique favorise la migration des substances toxiques. A noter que plus la température est élevée, plus la migration sera importante.
  • Privilégiez au maximum les bocaux et contenants en verre pour conserver et chauffer vos aliments
  • Stockez le moins longtemps possible dans des contenants en plastique
  • Evitez à tout prix les plastiques des catégories 1, 3, 6 et 7
  • N’utilisez pas vos emballages plastiques qui présentent des signes d’usure ou de dégradation pour l’usage alimentaire.
  • Evitez le tout-jetable : couverts et gobelets en plastique, mais aussi les films plastiques étirables.

 

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